Une Turquie démocratique sans le système Erdogan •

Une Turquie démocratique sans le système Erdogan •

Les Turcs se battent chaque jour pour une Turquie démocratique et pendant ce temps-là Erdogan continue son nivellement vers le bas.

Que penser de ce personnage, après plusieurs séjours en Turquie de 2013 à 2014 ? Nous n’avons pu que constater une dégradation des libertés fondamentales des droits de l’homme dans ce pays magnifique.

Une Turquie démocratique sans le système Erdogan!

Commençons par Istanbul d’abord : ville laïque et rebelle, le New-York d’Asie Mineure pour certains.
L’accueil fut superbe, surtout du côté de Kadiköy, quartier des intellectuels, des jeunes… Malheureusement, on apprendra plus tard que certains futurs djihadistes faisaient halte dans les hôtels de Kadiköy avant de partir pour leur cause macabre en Syrie et en Irak.
Kadiköy c’est la vie, des visages sublimes, des commerçants adorables, un esprit de liberté en plein air, une Turquie démocratique, un point c’est tout!

Plusieurs manifestations ont eu lieu en ce mois de mai 2013, manifestations organisées par l’extrême gauche et les syndicats de gauche, seuls remparts contre l’obscurantisme d’Erdogan.

Erdogan doit partir,

Istanbul au mois de mai 2013 c’est 18000 policiers pour la manifestation du 1er mai Place Taksim, secteur quadrillé – circulez, il n’y a rien à voir. Mais bon, moi je n’ai pas pu assister au 1er mai mais j’ai vu le lendemain des Stambouliotes braver la police toujours sur cette Place Taksim, qui s’étaient rassemblés pour protester contre la mort d’un jeune sous les coups de la police.
Pas d’états d’âmes ou de responsabilisation : une Turquie démocratique ça tabasse dur !

Les stambouliotes nous ont bien expliqué le programme d’Erdogan pour les vingt prochaines années: aseptiser la société laïque turque par l’introduction du voile religieux dans les universités, la séparation des hommes et des femmes dans les piscines des résidences, par la séparation des bancs publics hommes/femmes, par l’interdiction de prononcer le mot Kurdistan, par l’incitation à la consommation des produits traditionnels turcs tel que la fameuse boisson à base de yaourt, et donc tentative d’interdire l’alcool, droits des homosexuels bafoués et j’en passe… Bref, Erdogan c’est la mort de la tradition turque laïque qui passe par l’éducation des femmes.

Comment ne pas être allié de ce personnage géopolitiquement ? C’est la question qui fâche… et qui gêne. Hypocrisies, alliances contradictoires, jeux de pouvoirs. Les politiques jouent au Monopoly et les victimes sont toujours les mêmes: le peuple. Qui continue et qui continuera à se faire manipuler jusqu’à la fin des temps.

Kurdistan • Ils étaient déclarés terroristes il y a encore quelques années.

Une Turquie démocratique sans le système Erdogan
© Photo de Joël Maître

Tout le monde est devenu l’ami des Kurdes aujourd’hui, alors qu’ils étaient déclarés terroristes il y a encore quelques années. Et maintenant on fonce à tête baissée pour les aider. Ils deviennent à la mode. Trop tard ? Trop vite ?

Le manque de recul qu’ont les puissants aujourd’hui à réagir sans réflexion, sans peser le pour et le contre, en se faisant presque influencer par les médias. Les temps passés étaient durs certes, mais peut-être moins d’erreurs à l’échelle planétaire étaient faites. Aujourd’hui l’histoire s’accélère et les morts s’entassent toujours plus, les premières victimes étant les enfants, comme toujours. Orphelins, analphabètes, élevés dans la guerre, la haine. Quels adultes plus tard ? Pour beaucoup, des praticiens de l’horreur. Et si c’était cela, justement, que recherchaient certains potentats ?

Le jeu d’échec à échelle mondiale fabrique les bombes humaines de demain.