Reportages

Hakkâri au Kurdistan: les Footballeuses symbole d’un Kurdistan indépendant.

Il y a dans la vie, parfois, de sacrés rencontres.
J’ai eu l’occasion de filmer et d’interviewer de sacrées demoiselles au fin fond de la Turquie, un vrai plaisir.
Plus exactement, nous étions au Kurdistan turc, à environ 150 kilomètres de Mossoul, en Irak.
Rassurez-vous. Hakkâri est bien gardée, aussi bien par les Turcs que par les Kurdes. Et surtout par eux car c’est leur fief là-bas.
Vingt ans de guerre civile, des familles ravagées par des histoires douloureuses, des relations avec les Turcs compliquées car ils sont envoyés pour faire leur service militaire et faire la basse besogne. Période d’accalmie en ce moment mais que de tensions. L’Arménie, victime des Turcs, n’est pas loin aussi. Toutes ces terres ont donc du sang qui coule dans leurs veines et depuis longtemps.

| Hakkari au Kurdistan: symbole d’un Kurdistan indépendant!

Et dans cette région montagneuse et instable, un groupe de jeunes-filles et leur entraîneur se battent pour préserver leur passion: le foot.

Nous les avons filmées en train de jouer, elles sont vraiment douées! Nous les avons suivies, nous avons beaucoup parlé avec elles et nous en sommes tombés amoureux. De même que de tous les enfants kurdes d’Hakkâri, si plein d’espoirs, de gaieté, d’envie de vivre, de parcourir le monde,… de jouer au foot !

Et l’entraîneur. Un personnage. Un Monsieur respectable. Un ancien combattant respecté par tous les meilleurs Peshmergas. Emprisonné, torturé par les Turcs, il a pris le maquis et n’a jamais rien lâché. Il est Kurde et il aime ses filles. Il les protège et les engueule, il veut le meilleur pour elles.

Oui, elles continueront toujours à porter un short, non, elles ne mettront pas de voile. Elles, elles préfèrent jouer au foot ou partir combattre avec les autres femmes peshmergas. Nous, ces Musulmanes là, on les aime, on veut les protéger nous aussi.

Hakkari au Kurdistan

C’est ça Hakkâri, c’est ça les femmes kurdes. Une force incroyable. Donnons-leur les clés du futur de la région pour un avenir meilleur.

Mais ça, c’est de l’utopie.

Lorsque nous avons quitté ce pays où il n’y a rien, nous nous sommes sentis enrichis de plein de choses. Et si tristes de quitter ces femmes, ces enfants et ces jeunes hommes merveilleux, pleins d’espoir.