Rayma Suprani licenciée par les chavistes •

Rayma Suprani licenciée par les chavistes •

Journaliste formée à l’Université centrale du Venezuela, à Caracas, Rayma Suprani est une dessinatrice de presse à réputation internationale.
L’illustratrice de presse vénézuélienne Rayma Suprani a été licenciée par le quotidien El Universal où elle travaillait depuis dix-neuf ans. La cause de son licenciement: un dessin qu’elle a publié sur Twitter, où elle dénonce l’errance du système de santé au Venezuela.
 

 
Rayma Suprani interviewée lors du Festival du Dessin Presse et de la Caricature de l’Estaque en France.

Rayma Suprani.

Je ne connaissais pas Rayma Suprani, et le Venezuela non plus.
Elle m’a semblé tout de suite sympathique, Rayma, avec son chapeau coloré.
Rayma Suprani est une perfectionniste et ça se voit dans ses dessins, idem pour le choix de l’endroit pour faire son interview.
Elle aime que tout soit bien calé avant de parler. Elle ne laisse rien au hasard. Le souci du détail, c’est ça qui fait le talent aussi.
 

«la grande idéologie des Chavistes»

 
Rayma Suprani incarne la liberté d’expression au Venezuela.
Elle s’est frottée aux hommes de Chavez, résultat: virée de son journal à cause d’un dessin qui critique le système de santé.
On retrouve bien là le côté obsolète de la grande idéologie des Chavistes qui voulait soi-disant défendre les peuples opprimés face aux méchants impérialistes américains. Résultat en 2016: son peuple crève de faim et le système de santé est dans un état catastrophique.

La révolution faite dans le sang ne donne jamais de bons résultats. C’est prouvé aujourd’hui. Les révolutionnaires terminent souvent en dictateurs mégalomanes.

Rayma Suprani l’a bien compris, elle aime son pays donc elle dénonce les injustices avec son crayon. Elle fait fi des menaces. Et c’est très bien.
 

«Rayma Suprani, le dessin de presse est un espace de réflexion»

 
Comme elle le dit joliment dans l’interview, la caricature n’est pas une arme de guerre mais un espace de rencontre, de paix, de réflexion.
La critique de la société par les dessinateurs de presse et par tout artiste engagé est le fondement même de la liberté d’expression dans le monde. C’est pourquoi ils sont souvent menacés: ils représentent un danger pour les fanatiques religieux, l’extrême droite, les dictateurs de tous bords, les politiques corrompus, les manipulateurs et le pouvoir en général.

Voilà. Bonne chance donc à Rayma. Pour sa carrière d’artiste… Et de citoyenne.