Marseille et l'Europe: un sacré panier percé •

Marseille et l'Europe: un sacré panier percé •

Marseille, au pas de l’Europe !

Finalement, le seul Etat qui pourrait mettre au pas la ville de Marseille, c’est peut-être l’Europe: on pourrait créer une sorte de Liechtenstein du sud.
De belles routes bien entretenues, des gens courtois, une propreté bienveillante, des transports rapides, des hommes politiques plus discrets et habiles dans leurs calculs… et j’en passe.
Mais non, Marseille, c’est pas ça. On pourrait parler de nivellement vers le bas ici aussi, mais que dire finalement, si tout n’a pas déjà été dit. Certains vous expliqueront que si vous n’aimez pas Marseille, alors il faut partir; mais la réponse est bien plus profonde que le «aimez ou partez». Marseille c’est un peu le grand-père qui va vous raconter cent fois la même histoire avec ses Ray-Ban des années 70 et sa chemise ouverte, et donc, clairement: Mafia, Misère, Invincibilité, Corruption à tous les étages… et j’en passe.

«Marseille et l’Europe: un citoyen dénonce»

 
Marseille et l'Europe
© Dessin de Jean-François Ramirez

Cette ville, c’est du chacun pour soi pourvu que je passe devant toi, «ça sent l’embrouille». Même «les vrais» marseillais sont dépités par leur ville. Rien n’avance et tout recommence, un pas en avant, trois fusillades de plus en arrière.

«Marseille et l’Europe: -2500 millions d’euros pour Marseille»

 
Marseille-et-Europe
© Photo de Robert Poulain

Un point positif ? La ville n’est pas aseptisée comme beaucoup d’autres villes du département. La standardisation globale des grandes villes a du mal à se mettre en place à Marseille. Marseille, c’est un peu le village «gaulois» irréductible : tout le monde s’en mêle, on vit au présent, demain sera un autre jour. Alors, les Marseillais profitent de leur air même si parfois il est très pollué. Mais à force de vouloir refuser la mondialisation (qui peut être faite de façon intelligente, en gardant ses valeurs, si si), Marseille vit dans le passé et devient pathétique. Avec toujours ses mêmes rengaines. Elle n’arrive plus à fédérer et intéresser. Ce régionalisme factice agressif anti “extranger” ne provoque que l’ennui, à l’heure où les jeunes ont soif de visiter la planète. Il y manque des artistes de talent pour le faire valoir. A force de subventionner toujours les mêmes, les vrais artistes sont peut-être partis, qui sait ? Lassés ?

«Marseille et l’Europe, c’est la politique de la rustine»

 
Marseille-et-l'Europe -Corruption
© Dessin de Jean-François Ramirez

Donc il faut choisir entre modernité à l’image des grandes villes européennes ou anarchie à l’image des villes pauvres du sud qui restent toutefois empreintes d’une certain goût de liberté, mais pour pour ceux qui y subissent le quotidien… A l’heure de la mondialisation, d’Internet, comment peut t-on vivre sur des vieux principes, sur des mentalités datant des années 50, sur l’abstraction des faits, le déni d’une réalité médiocre. Parce que Marseille ne fait plus sourire comme au temps de Pagnol, aujourd’hui elle devient inexistante, transparente, n’intéresse plus personne. La poésie est partie, les personnages truculents ont été remplacés par l’incivilité, l’égoïsme, la saleté, la mauvaise éducation. Le populaire poétique a disparu pour faire place à un populaire pragmatique, agressif, ordinaire… On va chez Carrefour et Ikea et on se gave de chips à l’apéro puis on se vautre devant la télé à la terrasse regarder l’énième match de l’OM et on se dit que «c’est super la vie au soleil»… Pas très poétique tout ça. Et ça ne fait plus rire en plus.
Marseille, c’est un peu comme s’il y avait un volcan en éruption, mais le problème est qu’il n’y a pas de lave dans le volcan, c’est vide, c’est devenu creux. Il y a tout juste l’OM et encore il a tendance à s’éteindre et il fatigue tout le monde, c’est toujours pareil. Marseille doit pouvoir changer et rayonner encore plus par les prises de décision des habitants et la récupération de la ville par ses habitants (ça ne pourra pas être pire) et arrêter de se laisser amadouer par les marchands de rêve politique qui depuis 60 ans maintenant ont totalement corrompu et rapiécé le département des Bouches-du-Rhône. C’est donner du lard aux cochons.

«Marseille et l’Europe: les Marseillais sont dégoûtés encore plus des politiques»

 

«Marseille et l’Europe: corruption à gogo dans les milieux politiques»

 

Dans certains pays les hommes politiques qui détournent de l’argent sont accrochés pendant douze heures à un lampadaire afin qu’ils puissent réfléchir sur leur corruption, Marseille n’aurait pas assez de lampadaires. Qui sont cassés, d’ailleurs.